|  Extraction de l’amande de coco
 Fleur de tiare
 Fleurs de tiare en bouton
 Monoï
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Dans la langue polynésienne, le reo maohi,
monoï signifie « huile parfumée ». Les polynésiens, de par
leur isolement, surent très vite tirer le meilleur parti des ressources locales et
particulièrement du cocotier - tumu ha’ari - dont les feuilles tressées
servent de paniers et de toiture, le coeur de l’arbre se mange, le bois fournit des
piquets, l’écorce et les racines servent dans la pharmacopée, la bourre
de la noix sert à fabriquer du cordage, des balais, du combustible, d’apport
pour le paillage des pieds de vanille, le lait de condiment dans la cuisine locale, l’eau
est une boisson rafraichissante et l’huile est extraite de l’amande de la noix.
La pulpe obtenue en râpant les amandes, arrosée
régulièrement d’eau de coco était mise à fermenter au
soleil pendant 2 à 3 semaines et produisait une huile rance impropre à la
consommation. Ses propriétés étaient hydratantes et antifongiques.
Des pétales de fleur étaient alors ajoutés et mélangés
pour quelques jours de macération. L’huile ainsi parfumée voyait ses
propriétés renforcées. Elle était alors utilisée pour
une utilisation quotidienne : onction des bébés à la naissance, massage,
soin des cheveux, entretien de la peau contre la déshydratation, traitement, purification,
embaumement, utilisation dans les rites sacrés... Si l’huile n’est pratiquement
plus utilisée dans les pratiques religieuses, elle reste très présente
dans la vie quotidienne des polynésiens.
Le parfum et l’efficacité du monoï de Tahiti
sont liés à la fleur utilisée : le Tiare tahiti (gardenia tahitensis).
De la famille des rubiacées, cet arbuste produit chaque jour de 2 à 10 fleurs
au parfum suave et enivrant; c’est la plante la plus utilisée dans les remèdes
populaires, en infusion, macération, pilée et mélangée à
d’autres essences pour soigner les migraines, les piqûres d’insectes,
les maux d’oreille, les orgelets, les eczémas...
Les fleurs, cueillies au stade du bouton prêt à
s’ouvrir, sont ajoutées à l’huile de coprah au plus tard le lendemain
de la cueillette et apporteront au bout d’une dizaine de jours de macération
leurs vertus antiseptiques et leur parfum.
De nos jours, si les procédés de fabrication
ont évolué pour aboutir à un produit protégé par une
Appellation d’Origine, le monoï de Tahiti reste respectueux de la tradition.
 Séchoir à coprah
Les noix mûres sont ramassées,
fendues dans les 48 heures pour en recueillir l’amande qui
est mise à sécher au soleil pendant une semaine jusqu’à
ne plus contenir que 10 % d’humidité. Placées
dans des sacs de jute les amandes, sous le nom de coprah, sont expédiées
à l’huilerie de Tahiti. Broyé en farine, chauffé
à 125°, le coprah est alors pressé et donne une
huile de première pression. L’huile est raffinée,
stockée dans des cuves, stabilisée par l’adjonction
d’anti-oxydants pour éviter le rancissement pendant
la macération des fleurs (minimum 10 par litre d’huile
pendant une durée minimum de 10 jours). Après une
dernière filtration on obtient le monoï qui peut être
parfumé avec d’autres extraits d’espèces
végétales récoltées localement (vanille,
frangipanier, ylang-ylang, santal...).
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